Psycho-pop et horticulture

En mars 2008, j’ai reçu cette orchidée pour ma fête.  J’ai réussi à la garder en fleurs pendant environ huit mois. Mais, n’ayant pas trop le pouce trop vert, elle s’est ensuite asséchée.  J’ai décidé de la couper et de la transplanter, tentant ainsi, sans trop d’espoir, de la rescaper. Eh bien, quelle ne fut pas ma surprise cette semaine (un an plus tard) de la voir fleurir à nouveau! WOW!

Ce billet ne porte pas sur l’horticulture, mais plutôt sur notre attitude face à la vie. J’aurais pu jeter mon orchidée et capituler. Mais j’ai fait un effort, j’ai été patiente, et j’ai gardé espoir.

Au cours de notre vie, nous aurons à passer à travers différentes épreuves, certaines plus difficiles que d’autres. Au cours des deux dernières années, j’ai traversé les plus dures épreuves de ma vie. Premièrement, en décembre 2008, la mort de mon père suite à un cancer. Et deuxièmement, un an plus tard, le coup de masse, l’accident de ma mère qui la paralysa. Ces deux années, je les ai pratiquement passées dans notre système de santé. J’ai été confrontée à la mort et surtout à la vieillesse. Et placer ma mère dans un CHSLD n’a pas été chose facile non plus.

Ma vie en a été bouleversée. Tout d’un coup, j’étais dans les vraies affaires, j’étais rendue une adulte. J’ai un perdu mon innocence, mon insouciance. Ma sœur, pour tenter de me réconforter, me rappelait que ce que j’avais perdu en innocence, je l’avais gagné en maturité. Mais moi, je m’en serais bien passée de cette maturité!

Cette réalité, qui nous attend tous, m’a fait réagir et beaucoup réfléchir. Réfléchir au sens de la vie. À quoi ça sert de courir, de travailler comme des malades, de se stresser? Pour finir un jour en couche comme mon père, sans fierté? J’ai eu une période de colère, de rébellion. Je trouvais le sort de ma mère injuste, surtout si peu de temps après la mort de mon père. Ma sœur et moi, on aurait bien pris un sursis. Je me suis mis à voir le futur négativement. La vie, pour moi, avait perdu ses côtés extraordinaires. Tout était lourd. Que des soucis. Mes petites lunettes roses s’étaient envolées.

Pour vous donner des exemples de mon état d’âme, je me souviens que @rouquine m’avait complimentée pour mon sourire sur une de mes photos de profil Facebook. Mais pour moi, sur cette photo, il s’agissait de quelqu’un d’autre, de quelqu’un que je ne connaissais plus, que je n’avais pas vu depuis longtemps. Ce sourire-là, je l’avais tout simplement perdu. Je ne riais même plus, pas plus que je ne m’amusais, à quelques exceptions près. Je me sentais tellement loin des sentiments ressentis lorsque cette photo avait été prise il y a quatre ans! Et j’avais bien peur que cette Marie-Annick-là soit disparue à jamais…

Un autre exemple : en janvier dernier, l’amie d’une de mes meilleures amies a reçu un diagnostic de cancer. Je m’étais retrouvé, par erreur, sur une chaine de courriels sur le sujet. On lui donnait trois mois sans traitement ou six mois avec traitement. Je me souviens m’être posé la question : qu’est-ce que j’aurais fait, moi? Eh bien, à ce moment-là, je n’aurais pas eu la force de dire : je vais combattre ce putain de cancer! J’aurais plutôt accepté les trois mois…

Durant cette période, j’enviais vos statuts Facebook du genre I love my life!, pour ne pas dire qu’ils m’emmerdaient… Je me disais, mais ça a déjà été moi ça! J’ai vraiment cru que les beaux jours étaient terminés, et que le futur n’était que des soucis. Oui, moi, madame positive,  je croyais cela. Je ne voyais pas du tout la lumière au bout du tunnel.

Mais voilà qu’au printemps, out of the blue, my MOJO was back! Just like that! And it felt great. Je la reconnais, aujourd’hui, la fille qui sourit sur la photo. C’est moi! Mes statuts I love life! sont maintenant de retour. Et je suis tellement heureuse d’être revenue à la vie. J’apprécie chaque moment.

Je comprends aujourd’hui que je n’ai pas de contrôle sur les événements qui arriveront encore dans ma vie, mais que j’ai par contre le contrôle sur la façon d’y réagir. La colère et la rébellion ne servent à rien. On doit accepter ce qui nous arrive, faire de son mieux, être patient, mettre les choses en perspective, se répéter que ça va passer, que la douleur diminuera avec le temps. Eh oui! C’est bien ce que je dis : il faut accepter les épreuves qui nous arrivent à bras grands ouverts. Je ne dis pas que c’est facile. C’est dur de passer à travers des épreuves, mais on en sort tellement grandi. C’est peut-être cliché, mais c’est vrai! Aujourd’hui, j’apprécie mille fois plus la vie, car je comprends à quel point elle est fragile.

Au lieu de subir la vie, je veux la vivre. Voilà ce qui a changé. Ces temps-ci, vous me dites souvent : coudon, t’arrêtes pas toi? Eh non! En ce moment, j’ai une réelle urgence de vivre. Et il arrivera bien ce qu’il arrivera. Je dealerai avec au fur et à mesure. Ce que je veux, c’est de vivre le moment présent au maximum.

Lorsqu’on regarde un arbre en hiver, sans feuille, on pourrait croire que la vie a quitté cet arbre et on serait tenté de l’abattre. Mais les lois de la nature ont prévu quelque chose d’invraisemblable, de déraisonnable et d’inespéré connu sous le nom de « printemps » – et cet arbre mort va un jour se couvrir de bourgeons, de feuilles et de fleurs…….comme mon orchidée.

11 responses to “Psycho-pop et horticulture

  1. Je suis contente pour ton beau sourire vrai. Je voulais réagir à ce que tu dis : « La colère et la rébellion ne servent à rien. ». Ce sont des étapes normales reliées au deuil (deuil au sens large), elles t’ont permis d’expier tes émotions pour pouvoir ensuite faire place à nouveau au sourire!

  2. Je n’étais pas là quand tu as vécu ces épreuves…. Mais je dois dire que j’apprécie énormément avoir passé mon été avec toi, de t’avoir en ce moment, avec toute ton énergie, ta joie de vivre, ou revivre, ta générosité. Merci ! Tu es forte et inspirante.

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